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Reverendissimo padre mio osservatissimo

L'illustrissimo signor cardinale protettore dell'ordine3 mi comanda che scrivi a Vostra Paternità reverendissima con pregarla sij contenta mandare et in mano mia la sententia et il processo o altre scritture fatte nel generalato suo sopra l'eccesso commesso da fra Plautillo ferrarese che introdusse et tenne una meretrice nel monastero di Ferrara, una quadragesima4.
Questo non occorre scrivergli per nome di Sua Signoria illustrissima ma per nome mio, mi resta raccordarli la servitù mia verso lei et pregarla a tenere grata memoria di me e comandarmi dove vogli in servirla. Con ché gli bascio la mano.
Di Roma li dì 8 agosto 1587
Di Vostra Paternità reverendissima

Affettionatissimo servitore
Fra Paolo, procuratore dell'ordine5

  • 1. La copie ne comprend pas l'adresse.
  • 2. L'original de cette lettre a été perdu mais Giacomo Tavanti, prieur général des servites de 1576 à 1582 , l'a copié dans un de ses Registri où il enregistre et recopie les actes émis pendant son mandat. Cette lettre aura pour réponse la lettre 1587-08-23 de Tavanti qui éclaire le lecteur sur la teneur du dossier : une affaire de mœurs et d'indiscipline à l'intérieur du couvent servite de Ferrare.
  • 3. Voir Notices biographiques : Giulio Antonio Santorio.
  • 4. En vue de l'obtention du grade de magister, fra Plautillo da Ferrara —qui rencontrait l'opposition de son ordre pour des raisons de mœurs— a adressé une supplique (ou memoriale) directement au pape. Le pontife a sollicité l'avis du cardinal-protecteur, Giulio Antonio Santorio, qui a pris des informations auprès du procureur de l'ordre, Paolo Sarpi, en lui enjoignant de rechercher les antériorités auprès du prieur général de l'époque, Giacomo Tavanti. Suite à la réponse de Tavanti (voir lettre du 1587-08-23), Paolo Sarpi fera remonter les renseignements au cardinal qui sera reçu en audience par le pape, le 10 septembre. Toutes les audiences que le très influent cardinal Santorio obtient du pape sont enregistrées dans ses Registra sive audientiæ où il note les questions abordées et les réponses du pape, en style lapidaire. A propos de fra Plautillo, la réponse pontificale a été : Che si rimetesse in tutto e per tutto a me. Così di questa come di tutte cause che mandano memoriale (ASVat, Arm. LII, 19, f. 192r). En d'autres termes, le pape ne veut pas se mêler de cette affaire et laisse les coudées franches au cardinal-protecteur.
  • 5. Après un mandat comme prieur provincial de Venise, du 29 avril 1579 à juin 1582, mené de front avec la fonction de régent des études dans son couvent, Paolo Sarpi (il est alors âgé de 33 ans) est nommé procureur général de l'ordre des servites, le 8 juin 1585. Certains affirment que cette élection aurait été due à l'influence du vieux Giovanni Maria Capella de Crémone († 24 septembre 1585), le premier maître de Sarpi et celui qui l'a persuadé d'entrer, alors, dans l'Observance. Le procureur général est chargé des rapports de l'ordre en général (un frère, une province ou un couvent) avec la curie romaine ; par ailleurs, il doit régler les conflits qui naissent à l'intérieur de l'ordre. Il est directement soumis à l'autorité du prieur général et du cardinal-protecteur. Voir Constitutiones, Cap. 26. Pendant son mandat, le procureur est extrait de sa province d'origine car il réside au couvent San Marcello de Rome qu'il a interdiction de quitter pour plus de quinze jours : outre le gîte, le couvent doit lui apporter assistance quand il a besoin d'un médecin ou de soins mais le procureur pourvoit —en toute indépendance— à sa nourriture et à son entretien matériel.
texte_alternatif
TypeCopie
Signature

Fra Paolo

Lieu

Rome

Source

AGOSM, Registri Priorum generalium, 36, f. 133r.

Editions précédentes
  • Inédit